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La France détruit des emplois depuis la mi-2011

Derek Perrotte | lesechos.fr | vendredi 9 mars 2012

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La France détruit des emplois depuis la mi-2011
Derek Perrotte | lesechos.fr | vendredi 9 mars 2012


Selon l’Insee, l’économie a détruit 22.600 postes au dernier trimestre 2011 et 31.500 au trimestre précédent. Une première depuis fin 2009.

Les données publiées hier par l’Insee, d’une part, et l’Acoss, d’autre part, confirment que la situation continue de se dégrader sur le front de l’emploi, première préoccupation des Français. Selon l’Insee, l’économie aurait détruit 22.600 postes au dernier trimestre. Certes, c’est un peu moins que les 31.900 destructions avancées mi-février dans une première estimation. Mais l’emploi salarié ne s’était plus inscrit en recul depuis fin 2009, au sortir de la récession, et, surtout, le retournement serait en réalité intervenu dès le troisième trimestre. Après une forte révision de ses données, l’Insee annonce finalement 31.500 postes détruits et non plus 3.600 créations.

Les données de l’Acoss confirment cette tendance, mais en atténuent fortement l’impact. Selon la banque de la Sécurité sociale, après une hausse continue de 2010 à mi-2011, l’emploi se serait stabilisé, mais sans encore repartir à la baisse, avec un quatrième trimestre 2011 (+ 9.300 postes) dans la lignée du précédent. Elle précise en outre que la masse salariale continue de progresser (+ 0,7 % au quatrième trimestre, + 3,4 % sur un an), avec une hausse de 2,5 % du salaire moyen par tête (2.356 euros), entre 2010 et 2011.

Les analyses de l’Acoss et de l’Insee, qui s’appuient sur des champs différents, varient surtout sur l’emploi intérimaire, considéré comme un indicateur avancé du marché du travail. Selon l’Acoss, il stagne peu ou prou depuis six mois. Mais, pour l’Insee, son recul est clairement engagé et s’accélérerait, au point de représenter la quasi-totalité des destructions d’emplois au dernier trimestre et un gros tiers au trimestre précédent.

Leurs conclusions se rejoignent sur l’emploi hors intérim. L’érosion se poursuit dans l’industrie et la construction, où les progrès enregistrés au premier trimestre 2011 sont désormais entièrement effacés, avec respectivement, d’après l’Insee, 2.100 et 11.900 postes de moins sur l’année. L’emploi dans le tertiaire reste positif sur un an, mais le coup d’arrêt enregistré au troisième trimestre s’est là aussi confirmé au quatrième (- 0,1 % après - 0,2 %). Les embauches qui perdurent dans l’informatique et l’ingénierie n’y compensent pas le retour des suppressions de postes dans l’immobilier, les transports et les télécoms. Pôle emploi, qui a lui aussi sa propre méthodologie, estime de son côté que l’emploi salarié a reculé de 0,1 % au 4 e trimestre (- 16.000).

Au final, sur un an, l’emploi salarié reste en hausse, selon l’Insee (+ 0,4 %, + 67.300 postes) comme selon l’Acoss (+ 0,7 %, + 119.000). Une maigre consolation car tout laisse désormais craindre une nouvelle hausse du chômage. Les données publiées hier confirment que, après avoir d’abord levé le pied sur les embauches face à l’incertitude liée à la crise de la zone euro, les entreprises entament des restructurations. Et, compte tenu d’une perspective de croissance quasi nulle pour 2012, les économistes s’attendent à des destructions d’emplois cette année. L’Insee a confirmé hier sa prévision de 61.100 postes en moins au premier semestre. En novembre, Bercy avait ramené sa prévision de créations de postes pour 2012 de 180.000 à 80.000.

D. P., Les Echos



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